Les filles aussi font de l’informatique !

Claire Pennarun est doctorante en informatique de l’université de Bordeaux. Elle parle de son engagement associatif pour faire découvrir le milieu de la recherche scientifique au plus grand nombre, notamment aux filles. 3e portrait de ces étudiantes pour qui les mathématiques - et aussi l'informatique - peuvent devenir automatiques à l'occasion de la semaine qui leur est consacrée.

Partager son goût des sciences est un vrai plaisir pour cette passionnée de mathématiques et d’informatique. Claire Pennarun est doctorante au sein de l’équipe Combinatoire et Algorithmique du Labri. « Ce que j’aime dans la recherche c’est communiquer avec des gens différents : chercheurs, étudiants, mais aussi avec le grand public et les scolaires. ». Avec l’association Maths à modeler, elle anime des ateliers auprès de scolaires de tous niveaux. Le but est de mettre les élèves en situation de recherche et de leur montrer que cette démarche est accessible à tous les âges. Elle a d’ailleurs reçu en 2015 le prix régional « Jeune chercheur œuvrant pour la culture scientifique, technique et industrielle ».

De moins en moins de femmes quand le niveau d’études monte

Une licence de mathématiques en poche, cette étudiante dynamique a choisi  de s’inscrire en master Algorithmes et méthodes formelles (AMF). « L’informatique m’a plu car c’était une façon d’appliquer plus concrètement les mathématiques. C’est donc plus facile à appréhender mais il y a quand même un côté très rigoureux et précis. » Ce sont les stages qu’elle a effectué tout au long de son cursus qui l’ont confortée dans son envie de poursuivre vers la recherche.

La place des femmes dans le milieu scientifique est un sujet qui lui tient à cœur. « On n’est pas nombreuses en mathématiques et on l’est de moins en moins quand le niveau d’étude et de responsabilité montent. Dans mon groupe de recherche, nous ne sommes que trois femmes sur 25 ». Pour elle, cela s’explique notamment par l’autocensure des filles contre laquelle elle se bat via l’association Femmes et sciences. Celle-ci rassemble des scientifiques issues de différents domaines et de différents niveaux. Elles interviennent dans des collèges et lycées afin de présenter leurs parcours, mais aussi les statistiques sur les proportions d’hommes et de femmes dans les métiers scientifiques.

Il faut vraiment éduquer les élèves, les parents et les profs car aujourd’hui la société n’intéresse pas les femmes aux sciences.

Les professeurs de mathématiques, et de science en général, ont un grand rôle à jouer pour attirer les étudiants dans ces filières. Pour Claire, un vrai travail reste à faire pour donner envie aux filles de faire des sciences. « Il faut vraiment éduquer les élèves, les parents et les profs car aujourd’hui la société n’intéresse pas les femmes aux sciences. » Il est important de chasser les clichés, notamment sur les mathématiques et l’informatique. « Il est nécessaire de donner le choix à chaque étape de la vie et de faire attention de ne pas reproduire les clichés même si c’est difficile. Parfois je me rends compte que j’en suis moi-même un vecteur. Mais en être conscient c’est déjà bien ».

La médiatisation de la science est aussi responsable de l’image que les gens en ont selon elle. « Il faut faire attention dans les conférences, émissions, débats, etc., où la science est montrée, de ne pas inviter que des hommes, mais aussi des femmes. Mais il ne faut pas pour autant les inviter seulement parce que ce sont des femmes mais parce qu’elles sont des scientifiques ayant une crédibilité pour s’exprimer sur le sujet. »              

par Charlotte Genest, étudiante en master Médiations des sciences et membre des Dealers de science

Mise à jour le 16/03/2016

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