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Entre impatience et enthousiasme, cet étudiant en DUT livre les motivations qui l’ont poussé à se lancer dans ce projet hors du commun.

D’où venez-vous et quelles études suivez-vous ?

Je suis originaire de Libourne et j’étudie à Bordeaux, en 2ème année de DUT Génie mécanique et productique (GMP). A l’avenir, je souhaite intégrer une école d’ingénieur pour devenir ingénieur architecte naval puisque ma passion, c’est le bateau.

Pour vous, c’est quoi le 4L Trophy ?

C’est d’abord un défi personnel, un incroyable voyage de 6000 km au volant d’une 4L au contact de la population locale, à la découverte de nouvelles cultures. De plus, il existe au sein de cette aventure unique une solidarité et une entraide incommensurables auxquelles je veux goûter. De Bordeaux jusqu’au Maroc, on ne roule jamais seul. Le soir, c’est la fête autour d’un feu ou d’une guitare après une journée harassante passée en plein désert. Tout le monde se retrouve et s’abandonne. 2600 étudiants, 1300 4L, que demander de plus ?

Pourquoi avoir entrepris ce projet ?

Je ne suis pas un passionné de voiture, mais j’adore mener des projets de cette envergure. En m’intéressant de plus près au 4L Trophy en avril dernier, j’ai découvert une grande famille où chacun conseille l’autre avant le jour J via les réseaux sociaux. Je ne regrette pas de m’être lancé : la préparation m’a déjà beaucoup apporté. J’ai appris à piloter un projet tant au niveau financier que relationnel, à démarcher des entreprises, à trouver des sponsors… Savoir piloter ma 4L n’était pas gagnée non plus !

Comment avez-vous obtenu l’argent nécessaire pour l’inscription (3500 euros + frais annexes de 4000 euros) ?

J’ai d’abord créé une association, M&M’z, afin de crédibiliser mes demandes de sponsoring. J’ai également réalisé une plaquette, un dossier et une page Facebook présentant l’ensemble du projet. Avec ma co-équipière étudiante à Bordeaux, nous avons aujourd’hui une quinzaine d’entreprises partenaires locales. Elles nous aident, financièrement ou en nature, en échange d’un espace publicitaire sur notre voiture. Pour récolter des fonds supplémentaires, nous avons vendu des stylos, du vin et de la nourriture. Enfin, nous avons organisé une soirée dans un bar de Bordeaux.

Matthieu Mauriac avec sa 4L © université de Bordeaux

Est-ce difficile de concilier un tel projet avec les études et les loisirs ?

Entre la préparation de la 4L, les réalisations des dossiers, la recherche de partenariat et les actions pour récolter des fonds, le 4L Trophy réclame énormément de temps et d’énergie. Il nécessite de renoncer à certains loisirs et de réduire considérablement ses temps libres. Il faut donc savoir sélectionner ses priorités. Il est impossible d’envisager plusieurs projets extra-scolaires de cette ampleur. J’ai manqué quelques cours, mais l’université est compréhensive. La direction et les professeurs nous soutiennent moralement. Le département GMP est même un de nos partenaires. Cela reste toutefois un pari : si mes résultats ne suivaient pas, j’aurais renoncé à l’évènement.

Avez-vous connu des moments de doute ?

Effectivement, il y a eu des périodes délicates. Lorsque une journée de recherche de partenariat est infructueuse ou qu’un problème personnel survient, la fatigue et la lassitude se ressentent. Mais je suis quelqu’un de très persévérant. Je n’ai jamais imaginé abandonner. Il faut savoir gérer ces temps faibles. Une motivation extrême et le dépassement de soi sont des valeurs indispensables à l’aventure 4L Trophy. Mon expérience sportive m’a aidé. Il est nécessaire de haïr et refuser l’échec, comme au basket ! Bien sur, le soutien de l’entourage est important. Je dois beaucoup à mes parents, qui m’ont offert la 4L et ont toujours été derrière moi. Finalement, le 4L Trophy est un mélange d’appréhension, d’excitation, de détermination, de sacrifice et de persévérance. Il est essentiel de se lancer des défis dans la vie !

Interview : Florian Cadu

Qu'est-ce que le 4L Trophy ?

Né en 1998, le 4L Trophy est un raid automobile humanitaire de 6000 km réservé aux étudiants de 18 à 28 ans. Chaque année, plus de 1200 équipages arpentent les routes de France et d’Espagne jusqu’au Maroc. Au volant de leur 4L, ils se lancent dans une course d’orientation où l’objectif est de parcourir le moins de kilomètres possible.

Mise à jour le 17/02/2014