La bibliothèque décryptée

Une interview de Caroline Lafon, directrice-adjointe à la direction de la documentation de l’université de Bordeaux sur les nouveaux enjeux des bibliothèques universitaires, parue dans le magazine NTU - Nouveaux territoires universitaires de la rentrée 2016.

  • 08/11/2016

Nous devons être des médiateurs dans l’apprentissage du métier d’étudiant.

Une des étapes fondamentales est l’aide aux lycéens qui arrivent à l’université. C’est un changement brutal et nous essayons d’accompagner au mieux la mise en œuvre d’une indispensable autonomie. Une étude récente a montré que la fréquentation de la bibliothèque est un atout notoire dans la réussite des études, tout autant le lieu en tant qu’espace référent que l’utilisation de la documentation mise à disposition. Nous pouvons initier ces nouveaux arrivants à la recherche documentaire, dans la bibliothèque et dans les bases de données, avec des outils pour lesquels nous leur donnons les clés et les astuces.

Nous réfléchissons également à l’accueil du public spécifique de la formation continue et de la reprise d’études, qui a des attentes particulières, par exemple sur les jours et horaires d’ouverture des bibliothèques. 

Nous devons être associés à l’expérimentation et à l’innovation. 

Nous sommes un service à destination de communautés présentant des spécificités inhérentes à leurs domaines (160 personnes pour 55 000 étudiants dont 12 000 en Sciences Sociales). Il y a une importante différence entre la communauté Sciences et technologies, qui a d’ores et déjà basculé dans une documentation très majoritairement numérique (en lien direct avec la réalité de la recherche anglo-saxonne) et une communauté Sciences sociales, et tout particulièrement le droit, où les documents imprimés sont encore le noyau dur de la documentation.

En association avec la direction de la documentation, les ingénieurs pédagogiques interviennent en soutien des enseignants-chercheurs pour mettre leurs cours en ligne (plateforme dédiée) ou développer une pédagogie interactive (cours co-construit avec un petit groupe d’étudiants).

Une étude récente a montré que la fréquentation de la bibliothèque est un atout notoire dans la réussite des études.

La bibliothèque universitaire est un référent pour les étudiants et doit le rester, tout en développant les qualités d’un lieu de vie.

800 000 personnes traversent le hall chaque année. Il est clair pour tous qu’il doit rester un espace mutualisé (lieu en commun des deux universités) mais abandonner sa réalité de simple sas pour devenir un vrai lieu d’usages et de rencontres. Le projet d’extension doit également combler l’important déficit en terme de nombres de places de travail assises. Les étudiants en droit et économie sont des étudiants qui s’installent à la journée, qui viennent travailler à la bibliothèque, comme les étudiants en médecine à la bibliothèque Carreire. C’est pourquoi les attentes sont dans le développement du confort plus que dans le bouleversement des pratiques. Ils souhaitent des places supplémentaires (il devrait y en avoir 250 dans l’extension), un réseau wifi très performant, de la restauration légère, des fauteuils confortables, des prises de courant partout, des tablettes préchargées à disposition.

Pour moi, la bibliothèque universitaire doit permettre :

  • d’étudier dans le calme avec une documentation diversifiée (papier et numérique)
  • d’échanger au sein d’espaces de convivialité à la fois connectés et confortables
  • d’expérimenter par des collaborations en particulier pour le développement d’une pédagogie numérique
  • d’innover en contribuant à la valorisation de la recherche de l’université (en particulier meilleur référencement et travail sur les archives ouvertes)

La bibliothèque doit s’affirmer comme entrée privilégiée sur le campus.

À partir, et autour de la station de tramway Montaigne Montesquieu et de la bibliothèque, Bordeaux Métropole va mener un projet de valorisation des espaces publics (dont le parc) et d’installation de services à destination des étudiants, et plus largement des métropolitains qui viendront sur le campus.

Autre service essentiel, l’extension des jours et heures d’ouverture va être concomitante à l’extension de l’espace de la bibliothèque. Nous avons engagé un travail de réflexion avec des élus étudiants sur ce sujet, en lien avec un appel à projet du Ministère de l’Enseignement supérieur, BU ouvertes, en fait ouvertes plus tard le soir, le samedi et éventuellement le dimanche, en coordination avec les bibliothèques municipales.

La BU Sciences et technologies et la BU Sciences du vivant et de la santé (ré-ouverte en septembre après sa réhabilitation) restent ouvertes jusqu’à 22 h depuis septembre.

Il y a bien sûr aussi l’idée d’une carte du lecteur métropolitain sachant que nous sommes déjà en réseau avec les autres bibliothèques-médiathèques de la métropole ; et puis, à horizon 2020, un espace d’avant-garde programmé à la Victoire (ancien bâtiment d’odontologie cours de la Marne) qui déclinera des espaces de documentation, d’apprentissage, de rencontres et de diffusion de l’esprit de l’université du XXIe siècle.

Mots clés :

Thèmes :

Inauguration de la BU sciences du vivant et de la santé en images