Développement d’un nouveau vaccin contre Ebola

Un programme de développement d’une stratégie vaccinale de nouvelle génération contre le virus Ebola (EBOVAC 2) est lancé par l'Inserm et coordonné par Rodolphe Thiébaut de l’université de Bordeaux.

  • 23/01/2015

Vue microscopique du virus Ebola © Jaddingt-Fotolia Vue microscopique du virus Ebola © Jaddingt-Fotolia

Un projet d’essais cliniques, coordonné par l’Inserm, testant une vaccination préventive contre Ebola vient d’être sélectionnépar la Commission Européenne dans le cadre du deuxième appel à projets IMI2 (Innovative medicines initiative).

Le protocole prévoit d’inclure des participants en Europe et en Afrique pour évaluer la réponse immunitaire et la bonne tolérance d’une stratégie vaccinale dite « prime boost » basée sur l’utilisation de deux candidats vaccins développés par Janssen, société pharmaceutique de Johnson & Johnson (…) lire l’intégralité du communiqué de l’Inserm.

Rodolphe Thiébaut, Professeur des universités et praticien hospitalier (PU-PH) en santé publique à l'Isped dont les travaux portent notamment sur la recherche d’un vaccin contre le VIH, explique que son rôle est de coordonner, grâce notamment à la plateforme d’essais cliniques internationaux EUCLID (CIC1401/CHU de Bordeaux), les différentes équipes internationales impliquées dont la London school of hygene and tropical medicine, l’université d'Oxford, le Centre Muraz au Burkina Faso. Il s’agit de concevoir et mettre en place des essais cliniques de phase 2 incluant plusieurs centaines d’individus.

Dans le cadre de cette vaccination dite « prime boost », le vaccin est injecté deux fois (deux vecteurs viraux différents) pour que la réponse immunologique soit plus forte. Les deux vaccins étaient en cours de développement, chez l’animal, mais les tests n’étaient pas encore terminés. Du fait de l’urgence de la situation, le développement clinique est accéléré. Ces essais devraient débuter en mars 2015.

La dose de vaccin nécessaire a été définie lors des essais de phase 1. Il reste à déterminer, par exemple, l’intervalle optimal nécessaire entre les deux doses. « Ceci sera évalué grâce aux essais cliniques que nous mettons en place mais aussi dans le cadre de nos travaux de modélisation effectués dans l’équipe-projet Inria SISTM », précise Rodolphe Thiébaut.

A quel moment le vaccin sera-t-il à disposition ? Il est compliqué de répondre à cette question pour l’épidémiologiste. « Soit l’épidémie s’éteint et il sera difficile de terminer l’évaluation en phase 3 en zone épidémique. Soit l’épidémie est toujours présente, et si cette stratégie vaccinale s’avère efficace, son utilisation sera quasi-immédiate ». La situation actuelle fait qu’on n’est pas dans un processus classique de mise sur le marché d’un vaccin qui prend habituellement entre 4 et 5 ans.

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