Quoi de neuf du côté du handicap ?

Dans le cadre de son schéma directeur du handicap, l’université de Bordeaux a engagé de nombreuses actions depuis deux ans. Bilan avec Éric Dugas, chargé de mission handicap.

  • 24/01/2017

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Quelles sont les réalisations ou avancées les plus marquantes dans le domaine du handicap depuis votre prise de fonction ?

De prime abord, je retiendrai que la construction du schéma directeur handicap (SDH), étalée sur l’année 2014/2015 a mobilisé quasiment toutes les structures, services et bon nombre d’acteurs de notre établissement sous forme de groupes de travail. Cette approche collaborative et d’échanges, sur un temps long, a permis d’éviter de privilégier des actions décidées de manière descendante : le handicap c’est l’affaire de tout un chacunet surtout de légitimer la parole de ceux qui vivent la situation de handicap.
Le SDH a permis aussi de donner le cap sur plusieurs axes à prioriser : accessibilités, communication, accompagnement des étudiants et du personnel, aides, formations, recherches, insertion professionnelle, emplois…

Retenons notamment la constitution de groupes de travail sur l’accessibilité au bâti et celle liée au numérique (avec un référent dédié « accessibilité numérique ») : de la règle à l’usage, il  existe parfois un sacré fossé et l’accessibilité à distance est précieuse bien évidemment. Ces groupes permettent de mailler différentes fonctions et compétences, ce qui est une richesse pour améliorer le quotidien. Par ailleurs, des pages web « handicap » verront le jour d’ici fin janvier et concentreront l’essentiel des informations sur le site de l’université.

Quels chantiers d’envergure restent encore à mener ?

Il y en a tellement… Car c’est une approche systémique du handicap qu’il faut avoir ! Mais en premier lieu, il faut privilégier la dimension « sensibilisation/communication/information » sous toutes ses formes, essentielle pour révéler, disséminer les actions réalisées, en cours de réalisation ou projetées. Il s'agit donc de mobiliser la communauté universitaire dans son ensemble : pour permettre à nos étudiants et personnels en situation de handicap de mieux vivre à l'université et pour générer à leur égard écoute et conduite empathiques. C’est dans le quotidien et non dans  l’exception que l’on fera évoluer les espaces, les temps et les rapports avec autrui.
Bien sûr, à l’université l’articulation entre les formations et la recherche liées au handicap doivent être plus lisibles et visibles. D’ailleurs, un colloque inter-départements Recherche de l’université verra le jour en novembre prochain. De même la professionnalisation à travers les stages sur le plan régional, national et international, un cursus universitaire diplômant favorisant l’insertion professionnelle et, pour notre personnel, le bien-vivre et la gratification au travail ainsi que le maintien dans l’emploi (tout comme l’augmentation du nombre d’emplois « handicap ») sont autant d’objectifs à viser et donc, autant de sensibilisations et formations à renforcer.

Quel est l’essentiel à vos yeux afin de concrétiser vos objectifs ?

Je répondrai par une question : les formations initiales à l’école et à l’université sont-elles prêtes à rendre accessibles, au sens universel du terme,  les espaces de vie et d’apprentissage ? Favorisent-elles la pleine participation sociale à la vie universitaire par exemple ? C’est l’immense travail à réaliser sur le long terme : le rêve n’est pas qu’illusion, même si le temps des institutions n’est guère celui des usagers.
Sur un autre plan, pérenniser un « évènement phare » comme celui organisé pour la communauté universitaire au mois de décembre dernier serait une excellente chose. La table ronde autour du handicap, faisant suite à une performance théâtrale sur l’invisibilité/visibilité (physique et sociale), a connu un beau succès. Il est envisagé que le CNRSCentre national de la recherche scientifique se joigne à nous pour organiser de futurs évènements au sein de notre établissement.
Enfin, une politique volontariste ne peut se concrétiser sans le dynamisme, l’altruisme et les compétences du personnel dédié du service PHASE et du pôle RHDS/Service CAPP (référente handicap) de notre établissement, que je remercie sincèrement.