VINOVERT : une avancée dans le secteur de la vigne et du vin

Ce projet innovant a pour objectif principal de fournir les conditions du maintien de la compétitivité des entreprises de la filière vigne et vin du grand Sud-Ouest européen.

  • 25/10/2016

ISVV - Vue depuis INRA © université de Bordeaux ISVV - Vue depuis INRA © université de Bordeaux

VINOVERT est un projet coordonné par le laboratoire de recherche GRETHA qui a été sélectionné pour financement par le programme Interreg SUDOE de 2014-2020. Le projet VINOVERT s’intéresse notamment aux nouvelles exigences des marchés en matière environnementale et sanitaire, ainsi qu’à des garanties pour plus de ‘naturalité’ des produits alimentaires.

Face à ces nouveaux ces enjeux de société, la filière vigne et vin nécessite d’explorer la faisabilité technico-économique d’une réduction importante de l’utilisation des pesticides au niveau du vignoble, ainsi que la réduction des intrants œnologiques, avec à l’appui des certifications et normalisations adaptées aux spécificités régionales. Il s’agit en outre d’explorer les voies de remise en cause des processus de production tout en s’assurant des possibilités concrètes de mise en œuvre au niveau des producteurs, des entreprises de mise en marché et des consommateurs.

Entretien avec Eric Giraud-Héraud

Directeur de recherche INRA de l’Institut des Sciences et de la Vigne et du Vin (ISVV) et porteur de la chaire « Vin, Stratégies d’entreprises et Consommation durable » et directeur scientifique de VINOVERT.

Pourquoi ce projet est actuellement si important ? 

Depuis plusieurs années, il existe une montée en puissance de la contestation sociale de l’utilisation des pesticides en viticulture. Cette contestation est liée à la santé des riverains et des viticulteurs, mais elle concerne également la suspicion sur la sécurité des produits alimentaires en général. Le vin n’échappe pas à ces enjeux, et la profession se doit d’y répondre, d’autant plus que sur bon nombre de marchés, notamment à l’export, il existe de fortes pressions pour plus de normalisation et de certification de responsabilité sociale et environnementale. Après, le problème est que la recherche de solutions techniques ne suffit pas. Car il est souvent plus difficile de modifier les comportements et les routines d’entreprises que de faire la démonstration de l’efficacité globale de ces solutions proposées par la recherche. Mieux identifier les attentes des consommateurs et leurs véritables arbitrages de consommation.

Identifier les verrous comportementaux de modification des pratiques en viticulture, etc. nécessite d’intégrer les sciences sociales aux dispositifs de partenariat recherche-entreprises.

Quelles sont les forces de l’université de Bordeaux dans ce domaine ?

Avec l’ISVV on peut dire sans grande prétention que Bordeaux est un leader mondial de ces interactions scientifiques sur la vigne et le vin. C’est l’occasion de rendre hommage à Denis Dubourdieu, décédé en juillet de cette année, car l’organisme de recherche qu’il a voulu construire avec Alain Rousset, et beaucoup d’autres visionnaires sur la place bordelaise, est précisément l’idée qu’il fallait pour faire en sorte que Bordeaux prenne le leadership de telles initiatives pluridisciplinaires. L’ISVV, mondialement reconnue depuis longtemps, est évidemment le fer de lance du dispositif et cette association vertueuse avec l’INRA pour la viticulture et plus récemment le GrethaGroupe de recherche en économie théorique et appliquée (unité Cnrs et université de Bordeaux) pour les sciences économiques n’a que peu d’équivalent dans le monde

 

VINOVERT

A la confluence entre l'économie expérimentale, l'agronomie et l’œnologie, ce projet est financé par le programme Interreg SUDOE à hauteur de 1,2 millions d'euros pour trois ans, et réunit 16 partenaires. Les partenaires sont des instituts de recherche reconnus dans ces compétences scientifiques et pour la moitié d’entre eux, des entreprises de production-commercialisation. L’implantation des partenaires dans diverses régions d’Espagne, du Portugal et de la France (régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie) va permettre de travailler sur des régions diversifiées sur le plan des systèmes de production et de l’image de marque des vins offerts sur les marchés.

Le projet s’appuie également sur un réseau de partenaires associés (organisations interprofessionnelles, institut de certification, commission viticole régionale…) qui sont autant d’acteurs locaux susceptibles d’apporter leur expertise lors du développement du projet. Depuis juillet, les activités du projet ont pu démarrer. Cependant, une réunion officielle de lancement sera organisée à Bordeaux en décembre 2016. 

*GRETHA: Groupe de recherche en économie théorique et appliquée

*Interreg Sudoe 2014-2020 program: Ce programme support le développement régionale dans le Sud-Ouest de l’Europe en finançant des projets transnationaux à travers les Fonds européen de développement régional (FEDER).

*INRA: Institut national de la recherche agronomique